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Sarah Pitkowski : « On va avoir quelques années de disette »

La Nordiste, ancienne 29e joueuse mondiale et marraine de l’édition 2021 du Play In Challenger de Lille, était de passage au Tennis Club Lillois Lille Métropole ce week-end. L’occasion balayer en revue les principaux sujets qui font l’actualité du tennis, notamment la formation des futurs talents. 

Sarah Pitkowski suit encore l’actualité de son sport de très près. Photo LAURENT SANSON

Que pensez-vous de la situation actuelle bouleversée par la crise sanitaire ?

« C’est franchement pas amusant. Il y en a toujours qui positivent en affirmant que c’est déjà bien de jouer au tennis, mais les conditions sont vraiment difficiles pour les joueurs. Rien que les courts vides… À un niveau plus élevé, pour ceux qui ont des familles, devoir partir quinze jours avant pour peut-être jouer un tournoi, refaire une septaine… les contraintes sont vraiment lourdes. Ce n’est pas la vie d’un sportif de haut niveau. Déjà que le tennis est un sport itinérant, quand on rajoute à cette itinérance une charge supplémentaire avec cette bulle, ça devient très compliqué. Il y a aussi la chute des prize-money : on dit que le tennis est un sport où on gagne bien sa vie, mais pour une partie seulement. Pour certains, l’argent gagné est réinvesti pour couvrir les frais. Je regarde tout ça avec beaucoup de bienveillance. »

C’est plus facile ou plus dur d’être aujourd’hui professionnel(le) sur le circuit par rapport à il y a vingt ans ?

« C’est plus facile. Déjà on n’avait pas les téléphones portables, on partait à l’autre bout du monde sans ordi portable, sans Netflix, sans vie sociale, les réseaux sociaux… J’ai fait des tournois où je me disais “vivement que je parte”. Les conditions sont plus sympas, le circuit est plus sympa mais c’est toujours aussi dur de percer et de gagner. »

La Nordiste était la marraine de l’édition 2021 du Play In Challenger. Photo LAURENT SANSO

Pensez-vous qu’on risque de perdre beaucoup de joueurs en route ?

« En tout cas, pour ceux qui jouaient au tennis et se déplaçaient en famille, ça peut les faire arrêter plus tôt que prévu si ça continue. Après comme toujours, d’autres vont tirer leur épingle du jeu parce qu’ils sont solitaires, dur au mal, ce qu’il se passe autour n’affecte pas leurs émotions. Mais certains, effectivement, vont partir à la retraite plus tôt que prévu ! »

Voyez-vous la relève du tennis masculin arriver avec l’arrêt des quatre mousquetaires (Monfils, Tsonga, Gasquet, Simon), les difficultés actuelles de Lucas Pouille ?

« On aura de très bons joueurs de tennis français, mais des héritiers à ce qu’on a eus, c’est loin d’être sûr. On va vite se rendre compte que la génération qu’on a eue a énormément gagné, même si ce sont surtout des ATP 250 ou 500, que des Grands Chelems. On est dans un creux, on n’aura pas pléthore de joueurs, peut-être Ugo Humbert, Corentin Moutet mais ce n’est pas évident. Il faut que notre formation rentre plus de joueurs. On va avoir quelques années de disette. »

La nouvelle direction de la FFT, Nicolas Escudé en tête, disait vouloir peut-être élargir le panel de joueurs formés. Etes-vous d’accord avec ça ?

«Effectivement je crois en ça. Je ne pense pas qu’il faut opposer l’ultra élitisme au fait d’entraîner des masses de joueurs et joueuses. Certains vont mûrir à un certain âge et auront besoin d’un effet de groupe et d’une émulation. Et puis il y aura toujours un électron libre qui va passer plus vite que les autres. On a une Fédération qui peut s’adapter, mais je pense qu’il ne faut pas s’enfermer dans un seul modèle. Ce serait déjà bien d’avoir une dizaine de joueurs dans le top 100. »

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